Les actions réalisées au sein des 13 établissements partenaires

Les 4 000 femmes détenues représentent une minorité de la population carcérale, souvent invisibilisée et confrontée à des conditions de détention moins adaptées à leurs besoins spécifiques.

Elles sont majoritairement issues de parcours marqués par des violences, des précarités sociales et des ruptures familiales, ce qui renforce leur vulnérabilité. L’éloignement fréquent des lieux de détention fragilise leurs liens avec leurs proches et leurs enfants.

Depuis 2020, Lire pour en Sortir se mobilise en mars pour leur proposer des actions et des évènements dédiés.

Pour la 6e édition, c’est Alice Zeniter, autrice et artiste engagée qui a adressé un message aux 400 femmes concernées par les activités récurrentes de l’association.

Elles ont ensuite reçu un cadeau personnalisé : un ouvrage choisi pour ouvrir une fenêtre sur l’ailleurs, une pochette utile au quotidien, ainsi que des informations autour du 8 mars.

 

Enfin, des rencontres ont été organisées en détention avec des femmes inspirantes qu’elles soient autrices, musiciennes, poétesses, slameuses. Parmi elles, Anne Berest, Lilia Hassaine, Chloé Mons, Aline Le Guluche ou encore Marie Desplechin.

 

Cette opération est une invitation à ne pas oublier, à tendre la main, et à croire, ensemble, au pouvoir des mots et des rencontres.

 

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Anne Berest

Anne Berest est allée à la rencontre d’une vingtaine de femmes détenues au centre pénitentiaire de Rennes. Autour de son roman Gabriële (Stock), les échanges ont été riches et sensibles, faisant écho aux parcours et aux émotions des participantes. La rencontre s’est prolongée par un moment de dédicaces, permettant à chacune de partager un instant privilégié avec l’autrice.

 

 

 

Lilia Hassaine

Lilia Hassaine est intervenue auprès des femmes détenues de la maison d’arrêt de Versailles autour de son roman Soleil amer (Gallimard). Les échanges ont permis d’aborder des thématiques fortes telles que l’identité et l’héritage. Une rencontre marquée par la finesse des discussions et l’engagement des participantes.

 

 

Chloé Mons

Chloé Mons a proposé aux femmes détenues de Roanne une rencontre sensible et artistique, mêlant lectures d’extraits de Jachère (Le livre de Poche) et moments musicaux au piano. Cette parenthèse poétique a permis aux participantes de se laisser porter par les mots et la musique, dans une atmosphère à la fois intime et inspirante.

 

 

Marie Desplechin

Marie Desplechin a rencontré les femmes détenues de Beauvais autour de son ouvrage Les soeurs Jacob (Les Arènes). À travers son écriture, elle a ouvert un espace de discussion sur les liens familiaux, les trajectoires de vie et la construction de soi.

Un moment d’échange sincère et attentif, marqué par la qualité de l’écoute et des partages.

 

 

Raymonde Pater Torin

À Baie-Mahault, une rencontre a été organisée dans le cadre de l’opération du 8 mars, en présence de Mme Millery, directrice adjointe de la DAC Guadeloupe. Raymonde Peter Torin a offert aux femmes détenues un moment hors du temps, mêlant conte, danse, musique et chant. Grâce à la richesse de ses talents, elle a su captiver et émouvoir son auditoire, dans une atmosphère empreinte de partage et de sororité. Les participantes ont également reçu un carnet d’écriture offertpar son éditeur, les éditions Nèg Mawon, ainsi qu’une chanson spécialement créée pour elles. Une parenthèse précieuse, vécue comme un véritable souffle d’espérance.

 

Aline Le guluche

À Châlons-en-Champagne, Aline Le Guluche a partagé avec les participantes son parcours singulier à travers son livre J’ai appris à lire à 50 ans (Prisma). Son témoignage, empreint de sincérité et de détermination, a profondément résonné auprès des femmes présentes, suscitant émotion et échanges autour de l’apprentissage et de la confiance en soi.

 

Caroline Hussar

À Riom, Caroline Hussar est allée à la rencontre des femmes détenues autour de ses Contes d’Auvergne (Grasset). À travers ces récits ancrés dans le patrimoine et l’imaginaire, elle a ouvert un espace d’évasion et de partage. Une rencontre chaleureuse, où les mots ont permis de voyager au-delà des murs et de faire résonner souvenirs et émotions.

 

 

 

Prolonger l’élan : les cycles « Regards intérieurs »

Depuis trois ans, Lire pour en Sortir va plus loin tout au long de l’année. Elle propose aux femmes en détention de travailler sur la confiance et l’estime de soi en mobilisant à la fois le corps et l’esprit. Ainsi, sont nés les cycles dénommés « Regards intérieurs » réalisés chaque année dans 4 ou 5 lieux de détention accueillants des femmes.

En 2026, ils auront lieu à Saint-Denis de La réunion, Ducos, Strasbourg et Châlons.

Les premiers cycles ont débuté en mars aux quartiers femmes de Saint-Denis et Strasbourg. Ils ont prolongé l’élan de l’opération 8 mars. Rythmé par des temps variés et pluridisciplinaires – mêlant découvertes et expressions littéraires, ciné-débat autour du documentaire Woman, entre autres – ils ont permis d’explorer sur plusieurs séquences les questions d’image de soi et d’estime personnelle.

Chaque séance a ainsi offert aux participantes l’opportunité de se réapproprier leurs corps, leur voix et leur histoire, dans une approche à la fois introspective etcollective.

« Regards intérieurs » s’inscrit ainsi comme une parenthèse précieuse pour les femmes participantes, leur offrant un temps pour se recentrer, se raconter autrement et se réapproprier leur identité au sein d’un environnement souvent marqué par l’effacement de l’individu.

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